"Désirant et sidérant, si possible..." dit-elle.


"Désirant et sidérant, ...si possible !" dit-elle.

vendredi 25 novembre 2016

Voix en fumée







La voix parfois cherche des sédiments 

d'amour

obstinée déchirante

et précieuse pleine de mousse

pleine de plis

des nuits


éblouies de ma terre

se cache sous ma jup
e




elle enroule un ruban de fumée 

mauve

timbre et traîne 

de la nuit franche avant

d'être en bois



je cherche au miroir une alouette 

qui saurait


et puis même


un éclat de peu 

un truc un bijou d'épaule 

et là la peau qui froisse 

à ramasser














mercredi 16 novembre 2016

Des feux des fous



Dans l'enfance oubliée
nous tenions le monde
de toutes nos fibres
lentes pauvres si minces
un profond corps au corps
océanique
pour être ce que nous sommes
venus du plus loin et
rassemblés diffus
poussières des feux des fous
qui dansent pleurent
et tremblent
d'être aimé








two men | par Shohei Hanazaki

lundi 7 novembre 2016

Inventer un abri


Tu suis des lignes sans horizon 
tu lèves la tête sur des noms de rues 
au feu rouge

tout l'espace t'emporte si tu fermes les yeux
tu fermes les yeux

des mots  brisures de mots 
leurs échos dans gorge à nœud
un psaume de l'univers désaccordé
sur le bout de la langue 
des espaces de sons 
par toutes les fenêtres
jusqu'à cet abri  là
où tu voudrais dormir
inventer que devant toi

la vie se prosterne













samedi 22 octobre 2016

Reverbération







Entrer dans le champ
des miroirs sous toutes les coutures
la marée folle à boire des secrets
des corps donnés tendus
sans corbeaux noirs paroles coupées  

la mort existe si peu
un coquelicot dans les cheveux
la mer unie là-bas
dépouillée de moi-même


sur un coussin à rayures
on dirait des veines.


vendredi 7 octobre 2016

A un moment




Tu as envie d'une cigarette
d'une contenance aux doigts 
de la phrase
que tu marmonnes 
comme un mantra qui ne pense pas

samedi 24 septembre 2016

"Passage au bleu" | Brigitte Giraud (bibi) aux belles éditions Henry



Voilà, mon livre est là, disponible en librairie, ou en commande en librairies, fnac, sur amazone...
Je le feuillette, le pose, le reprends, ici et puis là. 
J'ai reçu un mot sur une carte d'Antoine Emaz. J'ai des retours positifs de gens que j'aime et qui m'aiment, j'ai envie de les croire fort.  Des amis facebook en ont parlé dans leur statut, beaucoup ont cliqué. Merci les zamis facebook !
Dominique Boudou a écrit un billet sur son blog à propos de mon Passage au bleu, et je l'en remercie. je le poste ici (et en bleu).

"Caminante, son tus huellas el camino y nada màs.", écrit Antonio Machado. 

"Passant, ce sont tes traces qui font le chemin, rien d'autre."

Dans son dernier recueil, Passage au bleu, Brigitte Giraud n'ignore pas ce proverbe du poète espagnol. Le passage est à faire avec le corps à corps à bras-le-corps, la pensée et les songes, les mémoires et les désirs. Voilà une matière composée au plus profond du secret en soi, entre l'infinité des dehors et l'infinité des dedans. Une matière à prise lente avec le vide émietté, et la nécessité de faire le tri "dans l'ordre des choses désordonnées".
Intérieur ou extérieur, le passage n'a jamais l'amplitude d'un boulevard. Il est plus souvent une coursive, une galerie, encombrée de racines et de visages. A l'étroit donc dans le dur métier de vivre, à tel point que c'est parfois un cul-de-sac à la frontière de l'horizon.
"Le passage a pris corps en toi", écrit Brigitte Giraud, mais, dans le même temps et dans le même mouvement, il est "encore à venir". Indéfini. Flou. A remettre sans cesse sur l'établi des mots. 
Pour que le passage au bleu enfin advienne. Celui du corps apaisé dans l'étendue du ciel et de la mer. L'étonnement redonne au calme les contours "d'un nuage dans l'eau". Les yeux trouvent une issue à la poix des ombres. Le passage s'élargit déjà, "dans l'ivresse du loin"."

Vous pouvez, si vous le souhaitez, le commander sur le site des belles éditions Henry dont voilà le lien, c'est très simple. Je vous en remercie par avance.

http://www.editionshenry.com/index.php?id_article=447

Bientôt, fin octobre, j'en parlerai en librairie, La librairie Olympique, bien sûr. Et puis aussi ailleurs.

mercredi 21 septembre 2016

"Dans la durée des oiseaux" | Dominique Boudou | Editions du Cygne




Chez Dominique Boudou, il y a toujours un oiseau au rebord d'une fenêtre pour saisir l'instant dans sa ténuité. Faire parler doucement ce qui se tait.
Alors, une fragilité de la perception s'empare du poème qui creuse, le vide autant que le plein, la terre et le ciel, chacun dans leur profondeur.  

"Dans la durée des oiseaux" tient sur le fil du temps, là l'existence s'est construite, abimée, levée et relevée. Fil de soie ou fil à nœuds, parfois du crin. 
Le regard de l’oiseau, souvent seul, témoigne des tours d'ivoire, des détours aux cailloux et des questionnements qui écorchent les genoux et cousent les cœurs. 
Un homme visite ses souvenirs amoureux, Je et Tu se dévorent l'un l'autre, se tourmentent, se serrent.
Quelle est la durée d'un oiseau ? 
L'amour est-il en lieu sûr dans le poème ? 
Comment y tiendra ce qui le hante ? 

Comment décider de qui, de l'amour ou du poème, hante qui ?  
Car "être d'une durée", de l'oiseau et de son chant, c'est échapper aux lois ordinaires du temps ordinaire, et rejoindre celui de l'intérieur-même de la durée qui sculpte les mouvements de la mémoire, de l'émotion et de la langue.   
Ainsi, un autre espace temps peut advenir, mêlant ce qui n'a pas eu lieu à ce qui excède de l'oubli, et, écrit Dominique Boudou, "tu fermes les yeux très fort pour que ma mémoire revienne des brumes et de l'humus. Les mots que je vais dire te font déjà frissonner. Avec leurs mandibules."
 
Des paraboles de sable traversent le récit, et le chemin grandit avec ses cailloux quand la litanie du temps passe et nous vole, que se posent sur un coin de ciel d'inoubliables yeux noirs, que, de Venise à Prague, mille fois l'enfance vacille.    
 
Pour une cartographie du tendre et de l'intranquillité.  
Qu'il faudrait rassurer, oui, en entrant tout doucement dans le long poème de "Dans la durée des oiseaux" et j'en perds mes mains.
 
La langue de Dominique Boudou est ciselée, exigeante et fragile, tenue extrêmement d'un bout à l'autre du recueil, chaque mot à sa place, pas moins pas plus.


"Un enfant, peut-être, aurait entrevu notre mémoire dans un bol bleu. Nous aimons cette illusion du souvenir bu avec le lait. Nos mots oubliés seraient venus à sa bouche et il aurait reconnu notre chemin de vertiges. Pour peupler sa langue. 

Tu sais depuis toujours que la mort se promène dans les fêtes où les humains cherchent à s'oublier. Les rires sont trop coupants, les langues trop boursouflées. Ne gît-elle pas aussi dans les yeux des bébés que l'extase a dilatés ? Ne s'est-elle pas prise comme du lierre aux bâtonnets des pommes d'amour et dans la poix du rouge ? Alors tu veux monter avec moi sur la grande roue et nous serrer au bord du vide. Et c’est ainsi que nous terrassons notre impuissance, dans le faible clin de nos paupières.

S'approcher au plus près de notre vie par la poème. Repriser les mauvaises coutures qui n'ont pas tenu sous nos regards. Dire la tromperie des mots impuissants au récit. 

Nous déposons dans les livres aimés quelques lignes au fil des vents et des pluies, des joies et de tristesses. Elles écrivent un livre à côté des livres. Nous en reconnaissons le chemin quand le passé nous saute à la gorge. Des larmes et des rires viennent. Que seront après nous ses mots éparpillés ? A quel silence offriront-ils le fardeau des oiseaux ?

Et si nos mots soudain ne tenaient plus ? Nos gestes du même coup s'effondreraient-ils ? Dans quel corps ? Quelle impuissance ? Le poème lui-même n'en garderaient que les mauvais restes."






  "Dans la durée des oiseaux" est disponible en commande dans toutes les librairies et Fnac, ainsi que sur le site des éditions du Cygne ci-dessous, c'est facile !

Editions du Cygne - Dans la durée des oiseaux


Dominique Boudou tient régulièrement son blog "Jacques Louvain" et partage pour le plaisir la littérature et la poésie dans tous ses états.

http://dominique-boudou.blogspot.fr/