"Désirant et sidérant, si possible..." dit-elle.


"Désirant et sidérant, ...si possible !" dit-elle.
Affichage des articles dont le libellé est Printemps des Poètes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Printemps des Poètes. Afficher tous les articles

vendredi 11 mars 2022

Atelier au Centre social et Culturel

 



 

Atelier au Centre Social et Culturel de Cenon


La dame dit qu'elle ne savait pas que la poésie était chose naturelle,

et possible.

Elle dit : "Je trouve que c'est magnifique. Ça me touche."


Aujourd'hui, je la retrouve devant la porte du local. Elle attend que l'heure de l'ouverture. Elle est en avance et il pleut. Nous entrons. Très vite, elle sort de son sac un carnet et me montre ce qu'elle a écrit ce week-end. Elle lit :

"Les larmes les plus vraies ne sont pas celles qui coulent de nos yeux,

ce sont celles qui restent dans notre cœur,

et que personne ne verra jamais."

 

La première fois qu'elle pose des mots sur du papier. 




mercredi 27 mars 2019

"Les beaux jours" | Collège Blanqui | 21 mars 2019

            Bravo à eux !


 Cette vidéo (dont il manque le début du 

spectacle) retrace succinctement le travail 

d'écriture que j'ai conduit durant deux mois avec 

la classe de troisième du collège Blanqui à 

Bordeaux. 

Les collégiens ont écrit beaucoup, parlé, et lu 

de la poésie. 

L'idée que nous avions, Murièle Buffière 

(leur prof de français) et moi, était de 

créer avec les collégiens notre "Printemps des 

Poètes", afin qu'ils vivent leur événement dans 

leur quartier avec leurs mots et leurs voix.

Les parents étaient bien sûr invités à partager 

ce moment avec eux, et ensuite à boire un verre tous ensemble.

Une exposition, textes et photos, a complété la performance et elle sera accueillie tout ce 

mois d'avril par la bibliothèque partenaire du projet.

           

           


Merci enfin à Alain Mangini du journal Sud-Ouest qui a donné écho à "Les beaux jours".



lundi 12 mars 2018

Rencontre avec Salah et Omar | Médiathèque de Gradignan | Printemps des poètes





 Vendredi 2 mars, la médiathèque de Gradignan, sous le signe de L'ardeur du Printemps des Poètes et à l'invitation de Lire en Poche,    a reçu Omar Youssef Souleimane et Salah Al Hamdani.
J'étais la médiatrice de la rencontre.

 "Loin de Damas", le dernier recueil de poésie de Omar a été traduit par Salah et sa compagne le poète Isabelle Lagny et édité par Le Temps des Cerises. Il faut lire "Loin de Damas" !






 Un réfugié irakien et un jeune réfugié syrien pour une histoire d'amitié et d'écriture.
       Là, tout est sa place, tout est juste.



 
Il a été question de lien entre souvenir et mémoire, de séparation avec l'enfance, d'engagement, de langue et de transmission, d'exil et d'émotions, de la vie qui bat le cœur, le traverse et s'attarde.

"Loin de Damas" a fait écho à "Bagdad mon amour", Eluard a embrassé Camus.




Un instant, je me suis demandé si l'insoutenable approché n'avait pas rendu ces deux êtres plus sensibles aux douleurs et aux beautés du monde.  



L'expérience de la résistance et de l'exil imprègne leur écriture. Elles ont d'étonnants points d'harmonie et de parenté.
Comme si le poète devait ne pas se dérober à la langue de la mémoire. Entre là-bas et ici.

                "Le réfugié n'est enterré que dans sa langue.
                Il l'a enterrée comme une graine dans son cœur quand il est devenu réfugié.
                Elle s'épanouira quand son corps s'anéantira et grandira
               grandira au point de devenir une tombe." 
                                                                        Omar Youssef Souleimane

                           "Comme un chien au loin la nuit aboie.
                            Sa voix traverse les marais de l'enfance
                            J'ai oublié mon visage
                            l'écho des puits desséchés
                            la lune de ma mère sacrifiée à la guerre ainsi que la brûlure de ma langue."
                                                                         Salah Al Hamdani



jeudi 8 mars 2018

Omar Youssef Souleimane | "Le petit terroriste" | Flammarion




"Le petit terroriste" est un livre choc, hallucinant et très émouvant.
C'est  le récit de l'éducation violente, en Arabie Saoudite, d'un jeune enfant syrien né en 1987 près de Damas. La famille d'obédience salafiste de Omar Youssef Souleimane y émigre, avant de revenir plus tard en Syrie. Il y suit une éducation coranique, tout en se nourrissant de la poésie d'Eluard et d'Aragon.

C'est le récit de son enfance "éduquée à mort", tout à la fois enfermement et enfer : la religion, la tradition, et les tabous ont élevé autour de lui une vaste prison sous un ciel muet. Dieu ne parle jamais la langue des bourreaux. Il dit : "L' islam est-il la solution suprême de tous les problèmes dans le monde arabe ou bien est-il une partie du problème-même ?"
Les interdits sont pléthores, les plaisirs toujours coupables. Et tout est menace.  La sexualité des adolescents se construit sur la frustration et la culpabilité ; Allah ne pardonne pas à la chair de désirer, d'aimer et de jouir. Omar supporte de plus en plus mal les brimades faites à l'âme et au corps. Comment un adolescent peut-il vivre dans la peur et la terreur permanentes ? Comment ne pas douter un jour de leur légitimité ? On se demande, nous ici le lisant, comment on ne devient pas fou, complètement fou, avec un désir de vivre et des rêves assassinés.

                                                                                      Les fantômes d'Allah
                                                                     Ils ont fait de nos veines des cordes de potence
                                                                     Et vendu l'ombre des palmiers contre un puits de pétrole
                                                                     Comme un cheval qui se débat dans le vide
                                                                    L'orphelin se fond dans le cri du vent

C'est aussi et surtout le récit d'une angoisse, celle que OmarYoussef Souleimane tente peut-être de calmer, écrit à la suite des tueries de Charlie Hebdo. Aurait-il pu être un des terroristes du 11 novembre à Paris  ? Qu'aurait-il pu/dû devenir s'il ne s'était pas affranchi d'une société où la religion se confond avec la vie ? S'il ne s'était pas émancipé de l'idéologie islamiste et sauvé ? S'il n'avait pas, plus tard, sauvé sa peau de la terrible dictature de Bachar el Assad ?

"C'est du coran, dit Omar Youssef Souleimane,  qu'est né mon athéisme". Le cheminement du doute cartésien a pris les contours géographiques du pèlerinage à la Mecque. Omar a 15 ans. Il veut des réponses, il les cherche, il lit sur son ordinateur.  Relit le Coran sous d'autres lampes, sans préjugé,  traversé par la poésie de Paul Eluard, et les écrits de la littérature pré-islamique.  Omar ne sera plus jamais assujetti à un Dieu, il veut être un homme libre. "J'écris ton nom, j'écris ton nom..." Il dit non, un NON total à la validité d'un Dieu qui brûle Eluard, Aragon, les chanteurs, les acteurs de cinéma, les musiciens, et cetera, et cetera.
Il ne croit plus en rien. Le ciel est vide. Le ciel est bleu.

En Syrie, il étudie la littérature arabe à Homs, et il devient journaliste. Forcément, il s'engage contre l'état tyran de El Assad. Il participe activement aux premières manifestations pacifistes qu'il filme. Il écrit. Il est très très vite en danger. Entre 2006 et 2010, il est correspondant de la presse syrienne et publie ses premiers poèmes (Chansons de saisons en 2006; Je ferme les yeux et j'y vais en 2010). L'écriture est son refuge naturel face aux violences vécues.  Il témoigne. Il sait, plus qu' un poète né dans nos démocraties confortables, qu'écrire est un acte subversif et dangereux.
Nous sommes en 2012. Il est recherché par les services de renseignements syriens. Il est clandestin.  Il risque sa vie. Il doit s'enfuir.

                                                                                                          Dans le flot des mirages
                                                                                                                    Le bateau a coulé
                                                                                         Seules les mouettes ont emmené le
                                                                                                                        pays avec elles

Sa terre d'exil ? Ce sera celle de France, la patrie de Paul Eluard, une terre d'espérance et de liberté. Liberté, LIBERTÉ, le premier mot qu'il retient. Omar est donc exfiltré vers la France, ...et nous respirons avec lui ! Il apprend le français et, 2 recueils de poésie et 6 années plus tard, il le parle prodigieusement bien. A Paris, il rencontre Salah al Hamdani, poète irakien réfugié politique depuis 40 ans, et la poète Isabelle Lagny, qui traduisent avec lui son beau recueil poétique "Loin de Damas" qui sera publié aux éditions Le Temps des Cerises. Si Omar écrit en français "Le petit terroriste", dans quelle langue un exilé politique pleure-t-il ?

                                                                                                               En automne 
                                                                                   Le bord des feuilles entaille mon cœur
                                                                                        Un seul arbre fleurit dans l'absence
                                                                                     Irrigué par les murmures de ma mère

La liberté, disait Rousseau dans "Le contrat social" en 1762, n'est pas de l'ordre de l'avoir, elle est de l'ordre de l'être,  et c'est pourquoi elle est inaliénable. L'émancipation des consciences humaines est toujours un gain pour l'humanité.
"Le petit terroriste" n'est pas un récit sociologique, c'est une histoire d'adolescence, les premières pierres posées pour une libération intérieure, et tout l'espace du manque et de la transformation.
Omar Youssef Souleimane est un homme libre qui écrit.

J'ai relu il y a peu de temps ces lignes de Paul Eluard et j'ai pensé à Omar :
"Le poète fait ce qu'il peut... Je ne crois pas avoir écrit un seul poème qui ait menti."


                                                          °                   °                   °




Omar Youssef Souleimane a publié depuis 2012  deux recueils de poésie :  
La mort ne séduit pas les ivrognes, aux éditions L'oreille du loup, traduit de l'arabe par Lionel Donnadieu
 Loin de Damas, aux éditions Le Temps des Cerises, traduit par Salah Al Hamdani & Isabelle Lagny 
Le petit terroriste, édité par Flammarion, a été écrit en français.
























jeudi 16 mars 2017

Richard Brautigan "The last of the Beats"






Halle des Chartrons à Bordeaux
J'ai filmé des fragments du spectacle du 10 mars
"The last of the Beats, Richard Brautigan en scène", des textes extraits de "C'est tout ce que j'ai déclarer" éd.Le Castor Astral, dits par le comédien Jean-Luc Debattice, soutenu par la guitare rock de Patrick Bruneau.



         

lundi 7 mars 2016

Printemps des Poètes | Little Big Book | "Rester dans un vertige"


5 mars 2016
Bibliothèque de Bordeaux

Je découvre enfin mon livre d'artiste composé par le peintre André Jolivet 
qui m'avait appelée un jour pour me proposer de participer à son projet 
Little Big Book - Le monde  des villes - peinture &  poésie

                                    Je lui ai envoyé un texte. Rester dans un vertige. Il a peint.
Pour un Little Big Book 



 

Ce samedi 5 mars, à la bibliothèque Mériadeck, avec d'autres auteurs présents dont Dominique Boudou, Claude Chambard, Thomas Déjeammes, Marianne Fiori, Brigitte Giraud, Allain Glykos, Dominique Massaut, Derek Munn, Frédérique Soumagne, et Jérémy Taleyson,
j'ai rencontré André Jolivet 
...et ouvert mon livre.
Papier gaufré, une peinture aux pigments de marc de café et de brou de noix,
des encres bleues et brunes employées comme lavis...
Il est vraiment vraiment su-per-be !  

Un livre d'artiste, c’est précieux, c'est rare, c'est unique. 
On ne le tient, regarde, sent et lit pas tout à fait comme un autre.




 















 












Poursuivre quelque chose de soi-même
dans la marche   sur les quais    on ne sait pas quoi
un temps de solitude à la pluie du trottoir.
Se laver les yeux de l'inquiétude,
le rimmel à tes doigts, 
le regard balancé dans le bleu, paf !








 au fond du ventre, des yeux,
en lisière d'un paysage si grand qu'il pourrait échapper.
Où serions-nous alors si
le regard ne le creusait pas
pour y entrer ?